Andrea d’Atri. 2019. Du pain et des roses : appartenance de genre et antagonisme de classe sous le capitalisme

Luca Greco

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Andrea d’Atri. 2019. Du pain et des roses : appartenance de genre et antagonisme de classe sous le capitalisme. Paris, Communard.e.s, 209 pages.

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Luca Greco, « Andrea d’Atri. 2019. Du pain et des roses : appartenance de genre et antagonisme de classe sous le capitalisme », GLAD! [En ligne], 07 | 2019, mis en ligne le 05 décembre 2019, consulté le 17 janvier 2020. URL : https://www.revue-glad.org/1656

We go marching, marching, we bring the greater days,
The rising of the women means the rising of the race.
No more the drudge and idler, ten that toil where one reposes,
But a sharing of life’s glories: Bread and roses, bread and roses.
Our lives shall not be sweated from birth until life closes;
Hearts starve as well as bodies; bread and roses, bread and roses.
Bread and Roses (extrait), James Oppenheim, 1912

Le féminisme est un des mouvements les plus révolutionnaires que nous ayons jamais connus à la fois sur le plan théorique, épistémologique et en termes d’action pratique, voire politique. Comme le marxisme et la psychanalyse, le féminisme ne cesse de se réinventer, d’être le catalyseur de nouvelles demandes politiques, consciences et subjectivités. C’est pourquoi l’on pourrait même dire que le féminisme a cette capacité inusuelle à excéder, à déborder, à sortir de soi pour investir des terrains toujours nouveaux, inexplorés. Que ce soit en articulation avec la lutte contre le capitalisme, les combats écologiques, décoloniaux ou vers un féminisme qui dépasse l’humain et la dichotomie humain vs non humain, le féminisme excède, se réinvente et se nourrit constamment.

Du pain et des roses : appartenance de genre et antagonisme de classe sous le capitalisme d’Andrea d’Atri et paru en Argentine pour la première fois en 2004 participe de cette tendance. L’autrice est une militante féministe argentine, co-fondatrice du collectif féministe anticapitaliste, socialiste et révolutionnaire « Pan y Rosas » dont le nom reprend le slogan de la grève « Bread and Roses » scandé par les ouvrières états-uniennes du Massachusetts au début de l’année 1912 pour une amélioration de leur salaire (symbolisé par le pain) et pour le droit à une vie digne et heureuse (exemplifiée par les roses). Andrea d’Atri, membre du Partido de los Trabajadores Socialistas d’orientation trotskiste et clairement placé à gauche de l’échiquier politique, est une des figures exemplaires de la nouvelle vague féministe issue des mouvements latino-américains contre la violence faite aux femmes1, des luttes contre la prohibition de l’avortement en Pologne et en Argentine, et des mouvements antisexistes comme #MeToo. Andrea d’Atri participe par son orientation politique à la mise en place d’un mouvement irréductiblement internationaliste, anti-impérialiste, dans lequel le féminisme est imbriqué à la lutte de la classe ouvrière contre le système capitaliste. Ce livre dresse un bilan historique de la lutte de l’émancipation des femmes depuis la révolution française jusqu’à nos jours, en croisant les expériences latino-américaines, nord-américaines, de l’ancienne Union Soviétique et de la France. Il se présente de fait comme un ouvrage qui, par sa dimension historique et internationaliste, se veut un guide à l’action présente et future dans un contexte de violences perpétrées par le système capitaliste contre les femmes, les personnes précaires et les minorités de genre.

Sur le plan historique, cet ouvrage est publié à un moment crucial pour l’histoire du féminisme, que d’autres autrices comme Cinzia Arruzza, Tithi Bhattacharya et Nancy Fraser (2019) ont jugé rempli de contradictions. Dans le temps même où nous récoltons les fruits du féminisme de la deuxième vague en termes de droits et de libertés nouvelles, nous assistons à un regain de la violence contre les femmes au point que certainEs ont jugé nécessaire de créer un mot pour désigner ce phénomène (« féminicide ») et qu’au niveau mondial 70% des pauvres sont des femmes. Si, en Amérique Latine, nous avons assisté à une féminisation importante de la force de travail, cela s’est fait au prix d’une grande précarisation des femmes et de conditions de travail lamentables. Face à un féminisme d’État proche des agendas de la Banque Mondiale et des programmes néo-libéraux, qui voit dans le système capitaliste un outil d’émancipation des femmes et des minorités, un autre féminisme s’affirme, représenté entre autres par Andrea d’Atri, qui allie marxisme et féminisme, et prône une imbrication entre genre, classe et race. Il est vrai que les articulations entre féminisme et matérialisme historique ne datent pas d’aujourd’hui : il suffit de penser au courant matérialiste né dans les années 1960 et 1970 au sein du féminisme français (Delphy, Guillaumin, Mathieu, Wittig…), qui a proposé une interrogation et une actualisation importantes des thèses marxistes, ou aux féminismes africains américains et décoloniaux (Dorlin 2008, Falquet 2016). Cependant, nous assistons depuis quelques années à un renouveau important du féminisme matérialiste d’inspiration marxiste tel qu’il s’exprime, entre autres, dans les ouvrages de Silvia Federici, de Nancy Fraser et d’Andrea d’Atri. L’objectif poursuivi par cette dernière et le collectif « Du pain et des roses » peut se résumer par cette question à laquelle on nous invite à répondre (p. 19) :

« Dans cette perspective complexe, aggravée par les temps de crise capitaliste que nous vivons, quelles doivent être les tâches du féminisme en tant que mouvement émancipateur, s’il prétend réellement dénoncer et combattre l’inégalité sociale, politique et culturelle que subissent les femmes sous la domination patriarcale actuelle ? »

D’une part, Andrea d’Atri nous invite à dépasser la dichotomie qui se crée entre classes travailleuses et mouvement d’émancipation, que l’on pourrait reformuler dans les termes du débat ancien entre la perspective de la redistribution (des richesses) et l’approche de la reconnaissance (des droits) (cf. Butler 1997, Fraser 1997). D’autre part, elle nous invite à un voyage historique dans lequel puiser des sources d’inspiration pour une grammaire de l’action politique : l’expérience des femmes qui ont pris la tête de la révolte de la farine et qui ont mené la Révolution française, celle des communardes de 1871, des ouvrières textiles du début du XXème siècle, des actrices de la Révolution russe et, bien sûr, de celles qui ont donné corps aux mouvements d’émancipation dans les années 1970. L’autrice montre ainsi comment la journée internationale des droits des femmes a articulé dès le début les appartenances de classe et genre, lorsque les ouvrières du textile de New York se sont mises en grève le 8 mars 1857 contre leurs conditions de travail exténuantes. C’est à partir de ce moment déclencheur que des milliers de femmes se mettent en grève et mènent des actions partout dans le monde pour de meilleurs salaires et conditions de vie, en donnant corps à un mouvement transnational, socialiste et révolutionnaire. Dans ce cadre, la question de l’oppression des femmes est indissociable d’un système d’exploitation capitaliste et de l’histoire de la lutte des classes. À ce sujet, deux féminismes s’opposent (p. 27) : un féminisme bourgeois pour lequel la question de l’oppression des femmes est résolue à l’intérieur de la société capitaliste, par des avancées sur les plans économique et légal ; et un féminisme ouvrier pour lequel les oppressions de genre seront résolues dans une société sans classe. Dans cette dernière perspective, la condamnation du système patriarcal ne peut se faire sans qu’il y ait condamnation du capitalisme tel qu’il est représenté, par exemple, par la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International, qui sont à la base de l’augmentation de la pauvreté et de la casse du service public dont les femmes sont les principales victimes. C’est donc aux femmes exploitées du monde entier, aux femmes de la classe ouvrière, de renverser ce système structurel de violence et d’oppression. Le focus sur l’histoire des premières révoltes contre la hausse du prix de la farine et du pain (1774-1775) qui vont sous le nom de la « Guerre des farines » peut à ce propos constituer un répertoire d’action dont les luttes féministes contemporaines peuvent s’inspirer, tout en faisant partie d’une méthode qui met l’accent sur la continuité des luttes plutôt que sur la rupture entre les moments historiques. Le parallèle avec la Révolution française est évident : les femmes issues des quartiers populaires de Paris se retrouvent le 5 octobre 1789 devant l’Hôtel de Ville pour exiger du pain ; elles marcheront ensuite sur Versailles (p. 36). Pour l’autrice, c’est précisément à ce moment là que les femmes deviennent un sujet politique. Ce parcours historique se prolonge dans le chapitre 2 « Bourgeoises et prolétaires » avec une analyse de l’émergence de la « femme travailleuse » pendant la révolution industrielle dans le champ du textile. C’est à ce moment que la catégorie « femme travailleuse » s’impose dans le débat public (dans le champ des sciences, de l’éducation, de la politique et de la religion…) et que des controverses autour de la féminité et du travail émergent. Ainsi, comme l’affirme également la féministe marxiste Silvia Federici (2019), dans un débat public dominé par les hommes, les femmes qui travaillent dans les usines soulèvent des questions autour de l’opposition entre maternité et productivité, entre foyer et usine, entre les valeurs traditionnelles et la modernité incarnée par le capitalisme. Ainsi, si avec le Factory Act2 promulgué par le Parlement anglais en 1802, nous assistons à une réglementation du travail des femmes et des enfants, ceci se fera au détriment des femmes qui seront confinées dans les foyers domestiques pour qu’elles exercent le rôle de la « bonne épouse », et qu’elles contribuent avec le travail ménager et de soin non rétribué à faire en sorte que le système capitaliste perdure en bonne santé, en assurant l’équilibre psychique et sexuel des maris, l’éducation des enfants et une maison propre et prête à accueillir les conjoints après une journée de travail (Federici 2019). Ce chapitre se termine par une présentation de la contribution des femmes à la Commune de Paris, et fait le constat suivant : le front unique constitué de la bourgeoisie et du prolétariat qui a lutté contre le clergé et l’aristocratie est définitivement rompu. Si le prolétariat a pu être un allié de la bourgeoisie contre l’absolutisme féodal, il devient au XIXème siècle son principal ennemi.

Les chapitres 4 et 5 se penchent sur les relations du féminisme et du socialisme, et tout particulièrement sur la position des femmes vis-à-vis de la première guerre mondiale et sur les avant-gardes féministes qui émergent dans et par la révolution bolchevique en Union Soviétique. Le rôle majeur exercé par une personnalité politique comme Alexandra Kollontaï3 dans la révolution de 1917 y est présenté. Dans ce cadre, l’autrice montre comment le socialisme garantit une nouvelle conception des relations entre sexes, non plus basées sur la propriété mais sur l’affection mutuelle (p. 117), et comment Kollontaï a contribué par ses écrits à proposer de nouvelles formes d’alliance, dépassant le mariage et prônant des unions libres fondées sur l’amour et non sur le besoin (p. 126). Le chapitre VI se focalise sur les conditions d’émergence du féminisme de la deuxième vague dans un contexte marqué par la guerre du Viêt Nam et les luttes d’émancipation des personnes racisées, par une croissance économique et démographique importante et par l’instauration de l’État-providence. Ce féminisme de la deuxième vague4 pose aussi, selon l’autrice, les conditions nécessaires pour l’émergence des études féminines, de genre et féministes, et pour la mise en place d’un féminisme d’État libéral et réformiste, et d’un féminisme plus radical, socialiste et révolutionnaire prônant la destruction du système capitaliste et de l’ordre patriarcal, dont la co-substantialité est considérée comme évidente. Le chapitre VII se penche sur les années 1980 et 1990, considérées comme une période de « restauration bourgeoise » (p. 152) de fin des idéologies, et marquées par les politiques conservatrices et néolibérales de Reagan aux États-Unis et de Thatcher en Angleterre. Au cours de cette période, l’autrice nous montre comment une partie du féminisme rentre dans le système, en travaillant pour les ONG, la Banque Mondiale et d’autres organismes internationaux, et comment l’émancipation individuelle (vs collective) devient « un horizon indépassable, assimilé de façon trompeuse aux possibilités de consommation et d’appropriation-transformation subjective » (p. 154) des corps. Dans ce chapitre, d’Atri montre comment le féminisme différentialiste propose la différence « féminine » comme un antidote nécessaire à l’assimilation des femmes dans des politiques et des structures qui restent androcentrées, et finalement conservatrices. Dans cette perspective, se libérer passe nécessairement par un processus consistant à donner encore plus de sens à sa propre existence et à son expérience « féminines ». La solution serait donc de redonner de la valeur au rôle des femmes dans nos sociétés et de proposer un nouvel ordre symbolique au prix d’une essentialisation que les féminismes matérialiste et d’inspiration postmoderne queer ont mis en lumière et sévèrement critiquée. C’est sur une critique du féminisme postmoderne et de sa philosophie sous-jacente que le dernier chapitre de l’ouvrage se penche, en soulignant les apories d’un féminisme qui, tout en soulignant le caractère performatif et mobile du genre, rate sa dimension politique, son ambition révolutionnaire et de masse. Si ces critiques ne sont pas nouvelles, on peut relever depuis une dizaine d’années des mises en relation intéressantes entre théories queer et marxistes (Floyd 2009, Noyé 2014). Le mouvement italien « Non una di meno » (https://nonunadimeno.wordpress.com/), issu du mouvement argentin « Ni una menos » (voir d’Atri 2018), mais aussi des collectifs punk et queer comme Atlantide5, constituent des exemples très éclairants de la manière dont le féminisme peut être à la fois queer et communiste (Rebucini 2017), farouchement anticapitaliste et intersectionnel, mobilisant des stratégies DIY et déclinant mouvements trans, marxistes, vegan, no borders. C’est dans cette ambition au dépassement de soi, à l’excès, à la réinvention permanente, que le féminisme ne cesse de nous interpeller en tant que sujets au delà des frontières de genre et d’espèce, dans une visée nécessairement transnationale. L’ouvrage d’Andrea d’Atri, de par son ancrage dans l’expérience argentine et d’Amérique Latine et sa visée internationaliste, est un exemple intéressant pour un décentrement nécessaire de l’expérience féministe en dehors des confins européens et nord-américains, mais aussi une invitation à la révolution contre l’ordre patriarcal, capitaliste et néolibéral dans le monde entier.

1 Sur les féminismes en Amérique latine et dans les Caraïbes, on pourra consulter les nombreux travaux de Jules Falquet consultables sur son site :

2 Les Factory Acts (ou Lois sur les Manufactures) sont des textes de loi britanniques qui règlent les conditions de travail dans l’industrie

3 Première femme ambassadeure, membre du comité central du parti bolchevik et du premier gouvernement sous Lénine, elle joue un rôle central dans la

4 Par allusion à la première vague du féminisme des suffragettes de la fin du XIXème et du début du XXème siècle.

5 Atlantide est le nom d’un collectif et d’un espace queer punk italien autogéré et basé à Bologne pendant la période 2001-2015. Pour une analyse

Arruzza, Cinzia, Bhattacharya, Tithy & Fraser, Nancy. 2019. Féminisme pour les 99%. Un manifeste. Paris : La Découverte.

Bourcier, Sam. 2017. Homo Inc.orporated. Le triangle et la licorne qui pète. Paris : Cambourakis.

BUTLER, Judith. 1997. “Merely Cultural” Social Text 52, 3: 33-44.

D’ATRI, Andrea. 2018. « Ni una menos et la révolution “des filles” ? » Révolution permanente [En ligne], consulté le 13 novembre 2019. URL : https://www.revolutionpermanente.fr/Ni-Una-Menos-et-la-revolution-des-filles .

DORLIN, Elsa (éd.). 2008. Black Feminism. Anthologie du féminisme africain-américain, 1975-2000. Paris : L’Harmattan.

FALQUET, Jules. 2016. « La combinatoire straight. Race, classe, sexe et économie politique : analyses matérialistes et décoloniales » Cahiers du genre Hors-série 4 : 73-96.

FEDERICI, Silvia. 2019. Capitalisme patriarcal. Paris : La Fabrique.

Floyd, Kevin. 2009. The Reification of Desire: Toward a Queer Marxism. Minnesota: University of Minnesota Press.

FRASER, Nancy. 1997. “Heterosexism, Misrecognition, and Capitalism: A Response to Judith Butler” Social Text 52/53: 279-289.

KOLLONTAÏ, Alexandra. 1974. Marxisme et révolution sexuelle. Paris : François Maspero

NOYÉ, Sophie. 2014. « Pour un féminisme matérialiste et queer » Contretemps, Revue de critique communiste [En ligne], consulté le 13 novembre 2019. URL : https://www.contretemps.eu/pour-un-feminisme-materialiste-et-queer/ .

REBUCINI, Gianfranco. 2017. « Vers un communisme queer. Conscience autonome, désidentification, et Révolution sexuelle.  », communication au colloque « Penser l’émancipation », 13-16 septembre 2017, Université Paris Nanterre [En ligne], consulté le 13 novembre 2019. URL : https://www.academia.edu/34596618/_Vers_un_communisme_queer._Conscience_autonome_d%C3%A9sidentification_et_r%C3%A9volution_sexuelle_._Penser_l%C3%A9mancipation_2017 .

1 Sur les féminismes en Amérique latine et dans les Caraïbes, on pourra consulter les nombreux travaux de Jules Falquet consultables sur son site : http://julesfalquet.com/tag/feministe-latino-americain-et-des-caraibes/ .

2 Les Factory Acts (ou Lois sur les Manufactures) sont des textes de loi britanniques qui règlent les conditions de travail dans l’industrie britannique. Durant le XIXème siècle, huit textes du Factory Act seront successivement publiés : en 1802, 1833, 1844, 1847, 1850, 1867, 1874 et 1891. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Factory_Act).

3 Première femme ambassadeure, membre du comité central du parti bolchevik et du premier gouvernement sous Lénine, elle joue un rôle central dans la mise en place d’un nouveau statut pour les femmes dans l’ancienne URSS et contribue par sa réflexion à repenser en profondeur l’amour conjugal, le concept de famille et la sexualité en rapport avec la lutte des classes et la révolution (Kollontaï 1973).

4 Par allusion à la première vague du féminisme des suffragettes de la fin du XIXème et du début du XXème siècle.

5 Atlantide est le nom d’un collectif et d’un espace queer punk italien autogéré et basé à Bologne pendant la période 2001-2015. Pour une analyse prenant en compte la vitalité des mouvements queer italiens de la dernière décennie, voir Bourcier 2017 et le blog https://atlantideresiste.noblogs.org/ .

Luca Greco

Luca Greco est professeurE en sociolinguistique à l’Université de Lorraine (Metz). Yel développe depuis plusieurs années une linguistique profondément ancrée dans les sciences sociales et irréductiblement interdisciplinaire. Yel croise l’anthropologie linguistique avec les recherches sur la multimodalité, les études de genre et les Performance Studies. Ses centres d’intérêt se situent autour des pratiques de catégorisation dans la parole, les textes et les corps en interaction, des relations entre genre, sexualité et langage et de l’étude de la performance dans les arts, les sciences sociales et les pratiques quotidiennes.

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