GLAD! en grève

GLAD! Revue sur le langage, le genre, les sexualités débraye à son tour, et entre dans le mouvement de grève des revues.

Partie prenante de la mobilisation historique en cours et solidaires de nos camarades des divers secteurs en lutte contre la réforme des retraites en France, nous sommes en grève et cessons nos activités en lien avec la production universitaire jusqu’au retrait de cette réforme. Nous nous opposons à la destruction de nos services publics et de notre système de protection sociale. Nous dénonçons nos conditions de recherche et de travail, la précarisation accrue et la mise en concurrence généralisée des enseignant·es chercheur·es, aggravées par la LPPR. 

Nous invitons les auteurices, les différent·es contributeurices et lecteurices de la revue à participer à la mobilisation en cours, notamment en se mettant en grève, en se rendant aux AG et aux manifestations, en contribuant aux caisses de grève, et en s’engageant dans les diverses actions contre les réformes en cours. 

Une revue en grève dégage du temps pour ses différent·es participant·es : la suspension des activités de recherche est un excellent outil pour permettre aux travailleureuses de l’ESR de libérer du temps pour s’engager et militer contre le sabotage des retraites ou contre la LPPR sur leurs lieux de travail et en allant soutenir les autres secteurs en lutte. Faire grève des activités de recherche, c’est en premier lieu suspendre la lecture productive, l’évaluation, l’écriture d’articles mais aussi l’animation de la recherche (suspension des séminaires, fermeture d’openedition, report des publications, etc.).

Une revue en grève permet d’enrayer la publication, un des systèmes de production central de l’université et l’outil principal d’évaluation des carrières, base de l’attribution et de la répartition des salaires et des moyens ; cesser la publication est donc un levier de lutte pour enrayer la production.

Une revue en grève nous permet de nous poser la question de notre rapport au travail, de réfléchir à nos formes de luttes et à l’impact de nos mobilisations dans un contexte où la frontière entre le travail et le non-travail peut être estompée et où l’université tourne en partie grâce à du travail gratuit réalisé par des personnels précaires et mis en concurrence. 

Nous appelons à une réflexion collective pour inventer des stratégies de publication dans le cadre de la mobilisation qui permettent de (re)penser la question de la production scientifique et du travail éditorial (par exemple, par une stratégie d’anonymisation des publications qui permette d’enrayer l’individualisation et la valeur marchande de nos savoirs). 

Pour réfléchir collectivement à tout cela, et construire ensemble nos outils de lutte, nous viendrons à l’AG des revues organisée vendredi 17 janvier, 13h, à l’EHESS et nous gardons notre boite mail ouverte pour des échanges autour du mouvement et des stratégies de lutte depuis l’édition scientifique (revue.glad@gmail.com).

Vive la grève, vive la lutte et que s’amplifie la mobilisation dans l’enseignement supérieur et la recherche et au-delà !