Motion de la revue GLAD! pour l’AG des revues du 31/01/2020

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Revue GLAD!, « Motion de la revue GLAD! pour l’AG des revues du 31/01/2020 », GLAD! [En ligne], 08 | 2020, mis en ligne le 30 janvier 2020, consulté le 28 septembre 2020. URL : https://www.revue-glad.org/1784

Le comité de rédaction de GLAD! appelle à l’arrêt complet de la production académique.

L’université génère un rapport au travail pervers, reposant sur l’appel à la vocation et le sentiment d’importance d’une élite qui ne pourrait pas arrêter son activité sans dommage. Arrêter complètement les activités est donc l’occasion de rappeler :

  • qu’il s’agit d’un travail

  • que ce travail peut cesser

Nous pensons également que continuer à publier signifie – pour les personnes qui éditent et mettent en ligne ‑ de continuer à travailler, que ce travail soit celui de secrétaires de rédaction, de précaires de l’ESR ou de titulaires.

Enfin, l’arrêt des publications est un signal visible de la grève de la recherche. À ce titre, la grève des revues en cours permet effectivement de souligner les effets néfastes de la LPPR sur la vie des revues, mais il nous semble au moins tout aussi important de saisir les revues comme moyens de production et donc moyens de lutte, au sein d’un mouvement de grève plus large.

À plus long terme, et afin d’inscrire le mouvement dans la durée, nous proposons de publier de manière anonyme (sous un nom collectif unique)

Cela nous semble important car :

  • cela enraye la "valeur" de la publication comme outil de recrutement et de promotion

  • cela rappelle la dimension collective et collaborative de toute recherche

  • cela met en évidence le fait que les publications ont un poids financier réel, y compris lorsqu’elles sont publiées en libre accès, puisque ce sont elles qui permettront l’évaluation et donc le financement de projets de type ANR. Cesser de fournir aux instances d’attribution des ressources économiques les preuves qu’elles exigent les empêche de faire leur travail de tri au sein des recherches, peut donc être un véritable levier pour bloquer la production universitaire, y compris dans son aspect économique.

Nous proposons que cet anonymat soit temporaire et dure le temps de la lutte. À l’issue de la lutte, nous proposons de réhabiliter les noms, en particulier pour que les jeunes chercheur.es ne soient pas pénalisé.es, y compris si nous avons obtenu 200 postes par discipline. 

Enfin, nous voulons saluer le travail du comité de mobilisation des revues en lutte, et appelons à continuer les discussions sur les modalités d’action.

Précisons que nous appelons à cela depuis la position spécifique de GLAD!, revue sans salariéEs, constituée principalement de précaires de l’ESR, gratuite et libre, sans dépendance directe à un laboratoire ou une institution, ou encore à une maison d’édition : l’indépendance éditoriale que nous avons construite et qui nous permet de nous mettre en grève totale aujourd’hui se fait au prix d’un travail gratuit, avec peu de reconnaissance, d’une invisibilisation du travail des acteurices de l’édition scientifique, et plus largement du coût du travail scientifique.

Revue GLAD!

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